1 kilo, combien de calories ça représente vraiment ?
On entend souvent : « Pour perdre 1 kg, il faut brûler 7 000 kcal », ou « 1 kg de graisse = 9 000 kcal ». D’autres parlent de 3 500 kcal comme les Américains. Résultat : vous ne savez plus sur quel chiffre vous baser pour organiser votre déficit calorique.
On va remettre les choses au clair, avec des repères simples et utilisables tout de suite pour maigrir de façon réaliste et durable.
1 kilo de graisse, ça correspond à combien de calories ?
Partons de la base : la graisse pure (lipides) fournit environ 9 kcal par gramme. Mais votre tissu adipeux (la graisse stockée sur votre ventre, vos cuisses, etc.) n’est pas composé à 100 % de lipides. Il contient aussi de l’eau, des protéines, des cellules, etc.
Les estimations actuelles situent la valeur énergétique du tissu adipeux humain autour de :
- 7 000 à 7 700 kcal pour 1 kg de graisse corporelle
Le chiffre le plus utilisé en pratique est :
- 1 kg de graisse ≈ 7 700 kcal
Autrement dit, pour perdre 1 kg de gras, il faut créer environ 7 700 kcal de déficit sur une période donnée (une semaine, deux semaines, un mois… peu importe, c’est l’accumulation qui compte).
Pourquoi on entend parfois 3 500 kcal pour 1 kg ?
Le fameux « 3 500 kcal = 1 pound (0,45 kg) de gras » vient d’anciennes approximations, souvent reprises dans les pays anglo-saxons. Si vous multipliez :
- 3 500 kcal × 2,2 (car 1 kg ≈ 2,2 pounds) ≈ 7 700 kcal
On retombe bien sur le même ordre de grandeur : environ 7 700 kcal pour 1 kg de graisse.
Donc, pas de panique : ce n’est pas que tout le monde se contredit, c’est juste que certains parlent en « pound », d’autres en kilogramme. Pour vous, ce qui compte, c’est :
- Pour perdre 1 kg de gras, il faut environ 7 700 kcal de déficit cumulé.
Déficit calorique : comment ça marche, concrètement ?
Votre poids est le résultat d’un simple équilibre :
- Calories qui entrent (ce que vous mangez et buvez)
- Calories qui sortent (métabolisme, digestion, activité, sport…)
Pour perdre du poids, vous devez être en déficit :
- Vous consommez moins de calories que vous n’en dépensez
- Votre corps pioche alors dans ses réserves (graisse, parfois un peu de muscle) pour compenser
Ce déficit peut être créé :
- en réduisant vos apports (manger un peu moins, mieux choisir vos aliments)
- en augmentant vos dépenses (marcher plus, bouger davantage, faire du sport)
- ou, idéalement, avec une combinaison des deux
Exemples chiffrés : combien de temps pour perdre 1 kilo ?
Maintenant que vous avez la référence (1 kg ≈ 7 700 kcal), voyons ce que ça donne dans la vraie vie.
Scénario 1 : déficit de 300 kcal par jour
- Vous créez un déficit raisonnable de 300 kcal par jour
- Sur 7 jours : 300 × 7 = 2 100 kcal
- Pour atteindre 7 700 kcal de déficit : 7 700 / 300 ≈ 26 jours
Avec un déficit de 300 kcal/jour, vous pouvez viser environ 1 kg de perte de gras en 3 à 4 semaines.
Scénario 2 : déficit de 500 kcal par jour
- Déficit de 500 kcal par jour (fréquent dans les programmes raisonnables)
- Sur 7 jours : 500 × 7 = 3 500 kcal
- Pour 7 700 kcal : 7 700 / 500 ≈ 15 jours
Avec un déficit de 500 kcal/jour, vous pouvez viser environ 1 kg en 2 semaines.
Scénario 3 : déficit de 1 000 kcal par jour
- On voit souvent ce type de déficit dans les régimes très restrictifs
- Sur 7 jours : 1 000 × 7 = 7 000 kcal
- Vous êtes proche de 1 kg en 1 semaine
Sur le papier, ça paraît séduisant. En réalité :
- vous risquez de perdre aussi du muscle
- vous fatiguez votre métabolisme
- vous augmentez les fringales et les craquages
Ce type de déficit est rarement tenable sur la durée, sauf cas très spécifiques encadrés médicalement.
Pourquoi la balance ne suit pas toujours les calculs ?
Vous vous dites peut-être : « J’ai fait mon déficit, mais la balance ne bouge pas comme prévu. » C’est normal. Le corps n’est pas une machine parfaitement linéaire.
Plusieurs facteurs brouillent la lecture :
- L’eau : variations de rétention d’eau liées au sel, aux hormones, au stress
- Le glycogène : vos réserves de glucides stockent de l’eau ; si vous mangez plus ou moins de glucides, la balance bouge
- La digestion : le volume de ce qu’il y a dans vos intestins (fibres, selles, etc.) influence le poids
Résultat :
- Vous pouvez très bien perdre du gras sans le voir immédiatement sur la balance
- Ou au contraire, perdre 1,5 kg en 3 jours… essentiellement de l’eau
L’équation 1 kg ≈ 7 700 kcal reste valable, mais elle s’applique surtout à la graisse, pas au chiffre brut de la balance au jour le jour.
Comment calculer votre déficit calorique de façon réaliste ?
Étape par étape, voici une méthode simple pour estimer votre déficit sans vous compliquer la vie.
Étape 1 : estimer votre besoin de maintien
Votre besoin calorique de maintien, c’est le nombre de calories qui vous permet :
- de garder votre poids stable
- sans chercher à maigrir ni à grossir
Une approximation rapide :
- Femme peu active : 25 kcal × poids (en kg)
- Femme active : 30 kcal × poids
- Homme peu actif : 27–28 kcal × poids
- Homme actif : 32–35 kcal × poids
Exemple : femme de 70 kg, peu active :
- 70 × 25 = 1 750 kcal/jour pour maintenir son poids
Étape 2 : choisir votre déficit
Pour une perte de poids durable, la plupart des personnes se situent dans un déficit de :
- 300 à 500 kcal/jour
Dans notre exemple :
- Maintien estimé : 1 750 kcal
- Objectif : 1 250 à 1 450 kcal (déficit de 300 à 500 kcal)
Étape 3 : projeter la perte de gras
Supposons un déficit moyen de 400 kcal/jour :
- 400 × 7 = 2 800 kcal de déficit par semaine
- 7 700 / 400 ≈ 19 jours pour 1 kg de gras
Soit un rythme moyen de :
- Environ 0,4 à 0,6 kg par semaine sur les premières semaines pour beaucoup de personnes, en tenant compte des variations d’eau
Perdre 1 kg par semaine : bonne ou mauvaise idée ?
On voit partout des promesses de « -1 kg par semaine garanti ». Techniquement, c’est possible, mais ce n’est pas toujours souhaitable.
Pour perdre 1 kg de gras par semaine, il faut environ :
- 7 700 kcal de déficit / 7 jours ≈ 1 100 kcal de déficit par jour
C’est énorme.
Ce que ça implique souvent :
- Apports très bas (1 000–1 200 kcal/jour chez une femme adulte)
- Faim, fatigue, irritabilité
- Risque de compenser par des crises ou du grignotage
- Perte de muscle, baisse de métabolisme
C’est typiquement le genre de stratégie qui donne :
- perte rapide
- puis plateau
- puis reprise du poids (parfois avec bonus)
À l’inverse, un rythme plus modéré (par exemple, 0,5 kg/semaine en moyenne) est :
- plus supportable au quotidien
- plus respectueux de votre énergie, de vos hormones et de vos muscles
- plus compatible avec une vie sociale normale
Pourquoi un déficit « raisonnable » marche mieux sur le long terme
Sur le papier, un gros déficit fait rêver. Sur le terrain, avec mes clientes, j’ai vu l’inverse : celles qui vont trop vite finissent souvent par abandonner… ou par reprendre tout ce qu’elles ont perdu.
Un déficit raisonnable vous permet :
- de conserver du muscle, surtout si vous faites un peu de renforcement musculaire
- de garder un métabolisme plus élevé
- de mieux gérer la faim (moins de fringales incontrôlables)
- de tenir des mois, pas seulement 3 semaines
Au final, la stabilité et la cohérence sur plusieurs mois font bien plus maigrir qu’un régime-choc d’un mois suivi de deux mois de craquage.
Comment créer 300 à 500 kcal de déficit sans souffrir
Plutôt que de tout révolutionner du jour au lendemain, vous pouvez cumuler plusieurs petits leviers, simples à appliquer.
Agir sur l’alimentation
- Réduire les boissons sucrées (jus, sodas, sirops) : -100 à -200 kcal/jour facilement
- Remplacer le fromage à chaque repas par 1 portion par jour : -100 à -200 kcal
- Servir 1/3 de féculents en moins dans l’assiette (pâtes, riz, pain) : -80 à -150 kcal
- Limiter les « grignotages automatiques » (biscuits, barres chocolatées) : -150 à -300 kcal
Agir sur l’activité
- Marcher 30 minutes de plus par jour : +80 à +150 kcal brûlées
- Prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur plusieurs fois : +20 à +50 kcal
- Faire 2–3 séances de renforcement musculaire par semaine : +100 à +300 kcal sur la journée (direct + effet post-exercice)
Exemple de combinaison
- -1 verre de soda (150 kcal)
- -1 poignée de biscuits (150 kcal)
- + 30 minutes de marche (100 kcal)
Total ≈ 400 kcal de déficit par jour, sans supprimer vos repas, sans vous affamer et sans passer 2 heures à la salle de sport.
Pourquoi la perte de poids ralentit au fil du temps
Vous avez peut-être remarqué : au début, ça descend vite. Puis, au bout de quelques semaines, ça se calme, parfois ça stagne. Ce n’est pas que vous faites « mal ». C’est que votre corps s’adapte.
Avec la perte de poids :
- vous pesez moins lourd → vous dépensez un peu moins de calories au repos et à l’effort
- vous bougez parfois un peu moins (fatigue, moins de motivation, etc.)
- votre corps peut devenir un peu plus « économe » en énergie
Résultat :
- Le même apport calorique qui créait un déficit de 500 kcal/jour au départ n’en crée plus que 300 après quelques kilos perdus.
C’est normal, ça fait partie du processus. Plusieurs options s’offrent à vous :
- Accepter une perte plus lente, mais continue
- Réajuster légèrement vos apports (par exemple, -100 kcal/jour de plus)
- Augmenter un peu votre activité physique (10–15 minutes de marche en plus, ou une séance de renfo supplémentaire)
Erreurs fréquentes quand on applique l’équation « 1 kg = 7 700 kcal »
Voici les pièges que je vois le plus souvent en accompagnement :
- Se focaliser uniquement sur la balance : vous ignorez les centimètres perdus, les vêtements qui flottent, l’énergie qui revient.
- Vouloir absolument 1 kg par semaine : vous cassez tout sur l’autel de la rapidité… pour reprendre derrière.
- Changer tout, tout de suite : frustration maximale, vous tenez 10 jours.
- Compter les calories de façon obsessionnelle : au bout d’un moment, vous craquez, vous jetez l’appli et vous repartez dans l’excès inverse.
- Oublier le rôle du sommeil et du stress : mauvais sommeil + stress chronique = fringales, stockage facilité, motivation en chute libre.
L’équation énergétique est un outil, pas une prison. Elle sert à donner un ordre de grandeur, un cadre. À vous ensuite de l’appliquer avec un minimum de souplesse.
Plan d’action : comment utiliser ces chiffres dès maintenant
Pour faire simple, voici comment transformer toutes ces informations en plan concret.
- Estimez votre besoin de maintien (formule simple en fonction de votre poids et de votre activité).
- Fixez un déficit raisonnable : 300 à 500 kcal/jour pour démarrer.
- Choisissez 2–3 leviers alimentaires (moins de boissons sucrées, portions un peu réduites, moins de grignotage).
- Ajoutez 1–2 leviers d’activité (marche quotidienne, escaliers, renforcement musculaire).
- Suivez votre poids sur la tendance (1 fois par semaine à jeun, dans les mêmes conditions) plutôt qu’au jour le jour.
- Observez : après 3–4 semaines, ajustez si nécessaire (légère baisse des apports ou légère hausse de l’activité).
Gardez en tête : perdre 1 kg de gras demande environ 7 700 kcal de déficit, mais la manière dont vous répartissez ce déficit dans le temps fait toute la différence entre un énième régime raté et une perte de poids réellement durable.
