Aliment riche en vitamine d soleil, compléments ou assiette, que privilégier ?
Vitamine D et perte de poids, on en parle partout. On te conseille de sortir au soleil, de manger plus de poissons gras, de prendre des gélules… mais au final, tu fais quoi en priorité ? Soleil, compléments, assiette : voyons ça calmement, avec un plan d’action clair.
Pourquoi la vitamine D est si importante (et pas seulement pour les os)
On résume souvent la vitamine D à “la vitamine des os”. C’est vrai… mais très incomplet.
La vitamine D intervient dans :
- La santé osseuse : absorption du calcium, prévention de l’ostéoporose.
- Le système immunitaire : défense contre les infections, rôle dans l’inflammation.
- Les muscles : force musculaire, réduction du risque de chute, récupération.
- L’humeur : lien avec la fatigue, la baisse de moral, surtout en hiver.
- Le métabolisme : impact indirect sur la gestion du poids (énergie, motivation, activité physique).
Concrètement, si tu es en déficit en vitamine D, tu peux ressentir :
- Fatigue persistante.
- Motivation en chute libre (pour bouger, cuisiner, s’organiser).
- Douleurs musculaires diffuses, sensation de “mollesse”.
- Baisse de performance à l’entraînement.
Tu vois le lien avec la perte de poids ? Si tu es crevé, douloureux, démotivé, tu auras plus de mal à maintenir ton déficit calorique, à t’entraîner et à rester régulier.
Maintenant, la vraie question : où aller chercher ta vitamine D en priorité ?
Le soleil : ton “fabricant” principal de vitamine D
La source n°1 de vitamine D, ce n’est ni le saumon, ni les gélules : c’est ta peau, grâce au soleil (les UVB pour être précis).
Quand ta peau est exposée au soleil, elle fabrique de la vitamine D. Mais ce n’est pas aussi simple que “sortir 5 minutes sur le balcon”. Plusieurs paramètres jouent :
- Saison : en France, d’octobre à mars, l’angle du soleil est trop faible pour produire assez de vitamine D, surtout au nord.
- Heure de la journée : c’est surtout entre 11h et 15h que la synthèse est la plus efficace.
- Couverture nuageuse et pollution : plus il y a de nuages ou de pollution, moins les UVB arrivent jusqu’à ta peau.
- Couleur de peau : plus la peau est foncée, plus elle protège des UV… mais plus elle a besoin de temps d’exposition pour produire la même quantité de vitamine D.
- Surface de peau exposée : visage + mains ≠ jambes + bras.
- Crème solaire : elle bloque aussi les UVB (et donc la synthèse de vitamine D).
Pour une personne à peau claire en France, en été, on estime que :
- 10 à 20 minutes d’exposition bras/jambes, 3 à 4 fois par semaine, en milieu de journée, peuvent suffire à couvrir les besoins.
Mais dans la vraie vie :
- Tu bosses en intérieur.
- Tu sors surtout le matin ou le soir.
- Tu es couvert une bonne partie de l’année.
- Tu mets de la crème solaire au moindre rayon (et tu as raison, pour la prévention des cancers de la peau).
Résultat : même si le soleil est la meilleure source théorique, en pratique, dans nos modes de vie modernes, il est souvent insuffisant, surtout :
- En hiver.
- Si tu vis au nord de la France.
- Si tu as la peau mate à foncée.
- Si tu évites le soleil ou que tu portes des vêtements couvrants.
Donc oui, le soleil est un pilier. Mais compter uniquement dessus, pour beaucoup de gens, c’est se condamner à un déficit chronique.
Les aliments riches en vitamine D : utiles, mais pas magiques
Deuxième source : l’alimentation. La vitamine D est liposoluble (elle aime les graisses), on la trouve donc surtout dans les aliments gras d’origine animale.
Les principales sources intéressantes :
- Poissons gras : saumon, maquereau, sardine, hareng.
- Foie de morue et huile de foie de morue.
- Jaune d’œuf.
- Foie de veau.
- Produits laitiers enrichis (certains laits, yaourts, margarines).
Pour te donner des repères chiffrés (valeurs approximatives) :
- Saumon cuit (100 g) : ~ 10 à 15 µg de vitamine D.
- Sardines en boîte (100 g) : ~ 10 µg.
- Maquereau (100 g) : ~ 8 à 12 µg.
- Jaune d’œuf : ~ 1 à 2 µg par jaune.
- Lait enrichi (250 ml) : ~ 2 à 4 µg.
- Huile de foie de morue (1 c. à soupe) : ~ 15 à 30 µg.
Pour rappel, les apports journaliers recommandés pour un adulte sont autour de 15 µg par jour (600 UI), parfois plus selon l’âge, le poids, l’exposition au soleil.
Si tu manges régulièrement des poissons gras (2 à 3 fois par semaine), quelques œufs, et éventuellement des produits enrichis, tu peux améliorer ta situation. Mais dans la plupart des études, l’alimentation seule ne suffit pas à corriger une vraie carence.
Deux limites importantes :
- Les apports restent souvent en dessous des besoins.
- Ce sont souvent des aliments caloriques (poissons gras, huiles) : si tu es en déficit calorique pour perdre du poids, tu ne vas pas en manger 300 g par jour “pour la vitamine D”.
Par contre, intégrer des sources de vitamine D dans ton assiette est une très bonne stratégie “fond de toile” : ça ne résout pas tout, mais ça soutient tes apports, sans passer par les gélules directement.
Exemples concrets de menus qui aident :
- Petit-déjeuner : yaourt enrichi en vitamine D + 1 œuf au plat.
- Déjeuner : salade + filet de maquereau grillé + légumes + féculent complet.
- Dîner : pavé de saumon au four + haricots verts + quinoa.
Tout en surveillant les quantités pour rester en déficit calorique adapté, évidemment.
Compléments de vitamine D : quand les gélules deviennent utiles
On arrive à la partie qui fâche (ou qui rassure, selon les profils) : les compléments.
Les compléments de vitamine D ne sont pas “magiques”, mais ils sont souvent indispensables pour :
- Corriger une carence déjà installée.
- Maintenir un niveau correct quand soleil + alimentation ne suffisent pas.
Il existe principalement deux formes :
- Vitamine D2 (ergocalciférol) : d’origine végétale.
- Vitamine D3 (cholécalciférol) : souvent d’origine animale (lanoline), parfois végétale (lichen) pour les formules vegan.
La D3 est généralement mieux assimilée et plus efficace pour augmenter les taux sanguins.
Formes disponibles :
- Gouttes (huile) : facile à doser, bonne absorption.
- Gélules : pratique, standardisée.
- Ampoules à boire (doses massives espacées) : plutôt sur prescription médicale, à manier avec prudence.
Dosages courants pour un adulte (à titre indicatif, pas de prescription) :
- 800 à 2000 UI par jour pour un apport d’entretien, selon le poids, l’âge, l’exposition.
- Des doses plus élevées (4000 UI/j et plus) peuvent être utilisées sur une période limitée en cas de déficit avéré, sous suivi médical.
Est-ce qu’il y a des risques ? Oui, comme pour tout ce qui se stocke dans l’organisme :
- La vitamine D étant liposoluble, elle peut s’accumuler.
- Un excès prolongé peut provoquer une hypercalcémie (trop de calcium dans le sang) avec nausées, fatigue, troubles cardiaques…
- Mais cela arrive surtout avec des doses très élevées prises sans contrôle, sur des mois.
Le message clé : ne joue pas au petit chimiste. Si tu suspectes une carence, le plus logique est de :
- Demander un dosage sanguin (25-OH vitamine D) à ton médecin.
- Adapter le dosage à ton cas (poids, âge, pathologies, médicaments).
À noter : certaines personnes ont encore plus intérêt à se supplémenter :
- Peau foncée vivant dans un pays peu ensoleillé.
- Surpoids ou obésité (la vitamine D est “diluée” dans le tissu adipeux).
- Personnes très peu exposées au soleil (travail de nuit, confinement, etc.).
- Personnes âgées.
Soleil, assiette, compléments : que privilégier vraiment ?
Plutôt que de chercher “le meilleur” en théorie, regarde ce qui est réaliste pour toi au quotidien. Voici une hiérarchie pratique :
1. Optimiser ce que tu peux côté soleil, sans mettre ta peau en danger
- Profiter des beaux jours pour t’exposer 10 à 20 minutes, bras/jambes, 3 à 4 fois par semaine, en dehors des pics de canicule.
- Éviter de cramer au soleil “pour la vitamine D” : coup de soleil = dommage cutané, pas bénéfice santé.
- Le reste du temps, protection solaire normale.
2. Structurer ton alimentation pour inclure régulièrement des sources de vitamine D
- 2 à 3 portions de poisson gras par semaine (100 à 150 g par portion).
- 2 à 6 œufs par semaine selon ton plan calorique et ton profil.
- Éventuellement un produit laitier enrichi par jour (si tu consommes des produits laitiers).
- Rappel : on reste dans le cadre d’un déficit calorique maîtrisé, donc on ajuste les portions.
3. Ajouter un complément si besoin, en particulier :
- Si tu as peu d’exposition au soleil.
- Si tu vis au nord ou passes un hiver long et sombre.
- Si tu as déjà eu un dosage sanguin bas.
- Si tu es en surpoids ou obésité.
Le trio gagnant ressemble donc à ça :
- Soleil dès que possible, raisonnablement.
- Alimentation structurée pour soutenir les apports.
- Supplémentation adaptée si le contexte l’impose.
L’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’être cohérent sur la durée.
Et pour la perte de poids, est-ce que la vitamine D fait maigrir ?
On va être clair : la vitamine D ne te fera pas perdre du poids directement. Ce n’est pas une pilule brûle-graisse, elle ne remplace pas le déficit calorique.
Par contre, un bon statut en vitamine D peut t’aider indirectement à :
- Mieux récupérer après l’entraînement (donc t’entraîner plus régulièrement).
- Préserver ta masse musculaire (important quand tu perds du poids).
- Avoir plus d’énergie pour bouger, cuisiner, t’organiser.
- Limiter certains coups de fatigue qui sabotent la motivation.
En résumé : la vitamine D ne fait pas “fondre” la graisse, mais elle crée un terrain plus favorable pour que ton plan déficit calorique + activité physique fonctionne et soit tenable.
Plans d’action concrets selon ton profil
Pour rendre tout ça plus pratique, voici quelques profils courants et ce que je recommande comme priorité.
Profil 1 : “Je travaille en bureau, je sors peu, je vis en ville”
- Tu es peu exposé au soleil, surtout l’hiver.
- Tu es souvent fatigué, tu manques d’énergie pour le sport.
Plan d’action :
- Demander à ton médecin un dosage de vitamine D.
- Mettre en place une exposition courte au soleil dès que possible (pause déjeuner dehors, marche en milieu de journée quand c’est faisable).
- Manger du poisson gras 2 fois par semaine + 2-4 œufs par semaine.
- Complément quotidien en vitamine D3 (dosage défini avec ton médecin ou ton pharmacien).
Profil 2 : “Je suis souvent dehors, j’ai la peau claire, j’habite dans le sud”
- Tu t’exposes facilement au soleil au printemps/été.
- Ton statut en vitamine D est probablement correct en été, plus incertain en hiver.
Plan d’action :
- Profiter des saisons ensoleillées en t’exposant régulièrement, sans te brûler.
- Inclure des poissons gras et des œufs dans ton alimentation, sans exploser ton quota calorique.
- En hiver, envisager un petit complément quotidien (surtout si fatigue marquée).
Profil 3 : “Je suis en surpoids/obésité, peu au soleil”
- La vitamine D a tendance à être plus basse à poids élevé.
- L’énergie et la motivation peuvent déjà être fragiles.
Plan d’action :
- Dosage sanguin prioritaire, pour partir sur du concret.
- Mise en place rapide d’un complément adapté (souvent doses un peu plus élevées, sur avis médical).
- Optimisation de l’alimentation (poissons gras + œufs) tout en respectant le déficit calorique prévu.
- Activité physique progressive : marche, renfo léger, en misant sur la régularité.
Profil 4 : “Je mange très peu de produits animaux / végétarien ou vegan”
- Sources alimentaires naturelles très limitées.
- Tu dépends du soleil et/ou des produits enrichis.
Plan d’action :
- Vérifier les produits enrichis que tu consommes (lait végétal, margarine, yaourts végétaux).
- Miser sur l’exposition au soleil dès que possible.
- Prendre un complément de vitamine D3 végétale (issue du lichen), dosage adapté avec un professionnel de santé.
Comment intégrer tout ça à ton quotidien sans te compliquer la vie
Pour finir, quelques habitudes simples à mettre en place :
- Bloque dans ton planning 2 à 3 séances de “marche au soleil” par semaine, même 15 à 20 minutes.
- Planifie tes menus avec 2 poissons gras dans la semaine (par exemple mardi et vendredi).
- Garde les œufs comme alliés : riche en protéines, en vitamine D, rassasiants, faciles à cuisiner.
- Installe ton complément à un endroit stratégique (près de la cafetière, de ta brosse à dents) pour ne pas l’oublier.
- Note ton niveau d’énergie sur quelques semaines : si, après correction d’un déficit, tu te sens plus tonique, c’est un bon signal que tu vas pouvoir pousser un peu plus sur l’activité physique et l’organisation de tes repas.
Le but n’est pas d’ajouter une couche de stress en plus à ton parcours de perte de poids. La vitamine D, c’est un levier parmi d’autres pour te permettre de tenir ton déficit calorique, bouger davantage, conserver tes muscles et te sentir bien dans la durée. Soleil, assiette, compléments : à toi de trouver l’équilibre réaliste qui s’intègre à ta vie, pas à une vie idéale qui n’est pas la tienne.
