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Est ce que la creatine fait grossir : analyse des études et idées reçues sur la créatine

Est ce que la creatine fait grossir : analyse des études et idées reçues sur la créatine

Est ce que la creatine fait grossir : analyse des études et idées reçues sur la créatine

La créatine, ça fait grossir… ou pas ? Si vous vous intéressez à la musculation, à la perte de poids ou au déficit calorique, vous avez forcément entendu tout et son contraire sur ce complément. Certains jurent qu’ils ont pris “3 kg en une semaine” avec de la créatine, d’autres disent que ça ne change absolument rien sur la balance. Qui a raison ? Et surtout : est-ce que la créatine a sa place si votre objectif est de perdre du gras, pas de gonfler sur la balance ?

On va regarder ce que disent vraiment les études, démêler les idées reçues et, surtout, voir comment utiliser (ou non) la créatine intelligemment dans une stratégie de déficit calorique.

Créatine : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de savoir si ça fait grossir, il faut comprendre ce que c’est.

La créatine est une molécule naturellement présente dans vos muscles. Votre corps en fabrique un peu (foie, reins, pancréas) et vous en consommez aussi via l’alimentation, principalement :

Son rôle principal : aider vos muscles à produire de l’énergie rapidement lors d’efforts intenses et courts (sprints, séries lourdes, HIIT). Elle agit via le système phosphocréatine–ATP. Concrètement, avec suffisamment de créatine dans les muscles, vous :

C’est pour ça que la créatine est l’un des compléments les plus étudiés et les plus efficaces dans le monde du sport. Mais cette amélioration de performance s’accompagne d’un autre effet bien connu : une augmentation du poids chez une partie des utilisateurs. D’où la fameuse question : “ça veut dire que ça fait grossir ?”.

Pourquoi la créatine fait parfois monter le poids sur la balance

Ce point est central : oui, la créatine peut faire monter le chiffre sur la balance. Mais non, ce n’est pas du gras.

Les études montrent qu’au début d’une supplémentation en créatine (surtout si on utilise une phase de “charge”, par exemple 20 g/j pendant 5 à 7 jours), on observe souvent :

La créatine augmente le stock de créatine dans le muscle, et la créatine attire de l’eau à l’intérieur des cellules musculaires. Résultat :

C’est très différent d’une prise de gras. La masse grasse, elle, augmente quand vous êtes en excédent calorique prolongé. La créatine, elle, ne contient quasiment pas de calories (on est sur quelques kcal par jour au maximum, négligeable à l’échelle d’une journée).

En résumé : si vous prenez 1,5 kg en une semaine en commençant la créatine, ce n’est pas du gras mais de l’eau et, à plus long terme, un peu plus de masse musculaire si votre entraînement suit derrière.

Ce que disent les études sur créatine et composition corporelle

Regardons maintenant les données de façon plus structurée.

Les méta-analyses (regroupements d’études) sur la créatine chez les adultes montrent globalement :

En d’autres termes, la créatine aide à :

Le point important : la plupart des études sont faites dans des contextes neutres ou légèrement excédentaires en calories, parce que cela favorise la prise de masse musculaire. Mais qu’en est-il dans un déficit calorique, c’est-à-dire ce qui vous intéresse si vous suivez ce blog ?

Les études en déficit montrent plutôt que la créatine peut :

Ce qui signifie : elle ne bloque pas la perte de gras, mais elle peut vous aider à garder du muscle, ce qui est précisément ce qu’on essaie de faire dans un déficit bien mené.

Pourquoi on a l’impression que “la créatine fait grossir”

Sur le terrain, voici ce qui se passe souvent :

Ce que cette personne ne voit pas :

Autre point : certaines personnes arrêtent la créatine et constatent une perte rapide de 1 à 2 kg. Elles concluent alors “ah, je maigris enfin sans créatine”. En réalité, elles perdent surtout :

C’est une des grandes erreurs dans le suivi de la perte de poids : se focaliser uniquement sur le chiffre brut de la balance, sans prendre en compte :

Résultat : on accuse la créatine de tous les maux, alors qu’elle a surtout modifié la répartition eau/muscles, pas la masse grasse.

Créatine et perte de poids : compatible avec un déficit calorique ?

La question clé pour vous : si vous êtes en déficit calorique pour perdre du gras, la créatine est-elle votre alliée ou votre ennemie ?

Pour faire simple :

Or, dans une stratégie de perte de poids saine, l’objectif n’est pas juste de “voir le chiffre baisser” mais :

Sur ces points, la créatine est plutôt un atout qu’un problème, à condition d’accepter que le chiffre sur la balance ne soit pas l’unique indicateur.

Un exemple concret :

Sur la balance, seulement –1 kg. En réalité :

Si vous ne regardez que le poids, vous vous dites “ça ne marche pas”. Si vous regardez la composition, c’est un excellent résultat.

Idées reçues fréquentes sur la créatine (et ce qu’il faut en penser)

Passons en revue quelques croyances que j’entends souvent en accompagnement.

“La créatine fait gonfler, je vais ressembler à un bodybuilder”

Non. Les effets de la créatine restent modérés. Sans surplus calorique important ni programme de musculation structuré, vous ne prendrez pas 10 kg de muscles par magie. La plupart des gens constatent surtout :

“La créatine, c’est un produit dopant”

La créatine n’est pas classée comme produit dopant par les agences antidopage. C’est un complément autorisé, largement étudié, utilisé depuis des décennies. Est-ce un produit miracle ? Non. Est-ce un outil parmi d’autres pour optimiser vos entraînements ? Oui.

“La créatine abîme les reins”

Chez les personnes en bonne santé, les études ne montrent pas de toxicité rénale aux doses recommandées. En revanche, si vous avez une maladie rénale (connue ou suspectée), c’est un motif de prudence et de discussion avec votre médecin avant de commencer.

“La créatine empêche de maigrir”

Non. Elle peut faire fluctuer le poids à court terme, mais elle n’empêche pas la perte de masse grasse si :

Comment utiliser la créatine si vous voulez perdre du gras

Si vous décidez d’intégrer la créatine dans votre stratégie de déficit calorique, voici une façon pragmatique de faire.

1. Choisissez la bonne forme

La forme la plus étudiée, la plus efficace et la moins chère reste :

Les autres formes “révolutionnaires” (créatine HCL, tamponnée, etc.) sont souvent plus chères pour des bénéfices non prouvés ou minimes dans la vraie vie.

2. Dose simple, sans prise de tête

Deux options :

En contexte de perte de poids, je recommande souvent sans phase de charge, pour éviter une prise de poids rapide qui peut être démotivante psychologiquement (même si ce n’est que de l’eau).

3. Moment de prise

Le plus important, c’est la régularité, pas l’horaire exact. Vous pouvez la prendre :

4. Hydratation

La créatine augmente l’eau dans les muscles. Assurez-vous donc de :

5. Suivi intelligent de vos progrès

Pour éviter la panique “je grossis”, adaptez votre suivi :

Si le tour de taille diminue et que vos performances se maintiennent ou s’améliorent, vous êtes sur la bonne voie, même si la balance joue au yoyo.

Dans quels cas éviter ou limiter la créatine ?

La créatine n’est pas obligatoire. Vous pouvez très bien perdre du poids, gagner du muscle, être en forme sans jamais en prendre. Voici quelques profils pour lesquels je ne la recommande pas forcément :

À l’inverse, elle peut être intéressante pour :

Ce qu’il faut vraiment retenir pour vos objectifs

Si on résume, en pensant à votre réalité de lecteur ou lectrice en déficit calorique :

La vraie question n’est donc pas “est-ce que la créatine fait grossir ?”, mais plutôt :

Si la réponse est oui, la créatine peut parfaitement s’intégrer à votre stratégie. Sinon, concentrez-vous d’abord sur les fondamentaux : déficit calorique raisonnable, alimentation structurée, activité physique régulière. Ce sont eux, bien plus qu’un complément, qui feront la différence sur votre transformation.

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